Vous êtes bien parti pour avoir le job. Mais le
salaire proposé par le recruteur est en dessous de vos attentes. Rien ne
vous empêche de proposer à ce dernier une augmentation dans le temps.
Voici comment argumenter.
Une augmentation en fonction d’objectifs de résultats
Difficile d’être trop gourmand. « La conjoncture incite à un
peu de souplesse » : question salaire, Patrick Taranto est pragmatique.
Mais pas défaitiste pour autant. Selon ce consultant, auteur du livre Devenez un as de l’entretien d’embauche,
il est tout à fait possible d’envisager une augmentation au bout d’un
an, voire dès six mois, lord de la signature d’une embauche. «
L’essentiel, dans une négociation, est de rester au plus près des
besoins du recruteur, explique-t-il. Ainsi, un employeur promettra
rarement une réévaluation sans garantie de résultat. On peut suggérer,
par exemple, une augmentation dès la fin de sa période d’essai en
fonction d’une performance à accomplir. Si l’augmentation est soumise à
l’obtention de résultats, il pourra plus difficilement refuser. »
« Pour certains profils, comme des commerciaux, c’est plus
simple car il y a des résultats chiffrés à prendre en compte, explique
Albert Hamoui, avocat spécialisé en droit du travail et ancien
recruteur. Mais on peut aussi fixer d’autres objectifs comme la
réorganisation d’un service pour un manager. Ou, pour d’autres métiers,
se baser sur des enquêtes de satisfaction. Un DRH peut même inscrire
plusieurs paliers dans un contrat de travail pour motiver ses salariés !
»
Promesse d’augmentation : combien, quand et comment
« Quand un recruteur lance une promesse du genre ‘Ne vous
inquiétez pas, je vous augmenterai’, ou ‘On s’en reparlera en fonction
de vos résultats’, c’est insuffisant, prévient Pierre Bultel, consultant
et directeur du cabinet PBRH. Il faut définir une somme ou un
pourcentage précis et déterminer s’il s’agira d’une part du salaire fixe
ou variable plutôt que de l’attribution d’une simple prime. » Les deux
parties devront aussi se mettre d’accord sur une échéance, les objectifs
à atteindre et leur forme de calcul.
Inscription la promesse d’augmentation dans le contrat de travail
Reste, enfin, à inscrire cet accord noir sur blanc. « Si,
lors de l’embauche, le recruteur vous promet un ajustement de salaire
dans X mois, demandez-lui de le préciser dans votre contrat d’embauche
», recommande Daniel Porot, auteur de 101 secrets pour bien négocier son salaire.
Le consultant cite au moins trois bonnes raisons d’être vigilant :
parce que les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent, parce que
c’est une façon de montrer sa rigueur et fermeté dans la négociation à
son employeur, et, accessoirement, parce que la personne qui a formulé
cette promesse ne sera peut-être plus en poste au moment de la
concrétiser. « Toutes les clauses particulières sont à éplucher avec la
plus grande attention, conclut Albert Hamoui. Dans le doute, pensez à
faire relire votre contrat par une personne compétente… »
Céline Chaudeau © Cadremploi.fr